Lavaa est une série animée indépendante née d’un mélange de plusieurs techniques : dessin, animation 2D, photo, 3D, jeu d’acteurs, intelligence artificielle. Loin d’un pipeline industriel figé, le projet repose sur une approche d’artisanat numérique : chaque outil est choisi, détourné ou combiné pour servir l’histoire, le rythme et l’émotion. Ce making of est pensé comme une série de chapitres. Chacun revient sur une brique précise de la fabrication de Lavaa, avec l’envie de partager les choix, les contraintes et les solutions concrètes mises en place.

La naissance d’un personnage

Avant toute technique, il y a un personnage.

Lavaa est née de croquis, d’essais graphiques, de recherches de proportions, de couleurs et de postures. Le travail ne s’est pas limité à un « design final », mais à une construction progressive de son identité visuelle :

  • traits volontairement sobres et lisibles
  • palette limitée mais expressive
  • animation pensée pour rester fluide sans être surchargée

Chaque détail devait permettre à Lavaa d’exister dans des contextes très variés, tout en restant immédiatement reconnaissable.

Créer des décors à partir du réel

Les décors de Lavaa ne sont pas de simples fonds statiques. Ils sont issus d’un processus en trois étapes :

  1. Repérage sur place : observation des lieux, de la lumière, des volumes et des ambiances.
  2. Photo et cadrage : choix précis des points de vue pour anticiper l’animation et la mise en scène.
  3. Transformation graphique : filtres, décimation des couleurs, encrage et redessin pour obtenir un rendu cohérent avec l’univers de la série.

Ce travail permet de garder une ancrage réel, tout en assumant une stylisation forte, proche de la bande dessinée animée.

Animer une scène à plusieurs plans

Certaines scènes reposent sur une animation en couches successives, inspirée du cinéma et du multiplan :

  • premier plan animé (personnages et véhicule)
  • décor en second plan avec scrolling (collines, nuages, éléments mobiles)
  • arrière-plan fixe (ciel, étoiles)
  • léger zoom numérique pour recréer une sensation de caméra vivante

Cette combinaison simple en apparence permet d’obtenir des scènes dynamiques, sans alourdir inutilement la production.

Une fabrication hybride et assumée

La série repose sur un principe clair : aucune technique n’est là pour se montrer.

Selon les besoins, Lavaa utilise :

  • animation 2D traditionnelle
  • décors issus de la photo ou de la 3D
  • shaders spécifiques pour obtenir un rendu graphique BD
  • motion tracking et synchronisation labiale à partir de comédiens réels
  • intelligence artificielle pour certaines animations complexes ou itératives

Ce mélange n’est pas un effet de style, mais une réponse pragmatique aux contraintes de production d’une série indépendante.

Et la suite ?

Les prochains chapitres du making of aborderont :

  • la création de décors à partir de scènes 3D
  • le motion tracking et le jeu d’acteur
  • le travail du son et des voix
  • l’équilibre entre automatisation et contrôle artistique

L’objectif reste le même : montrer qu’il est possible de produire une série animée cohérente et exigeante grâce à un artisanat numérique, où la technique reste au service du récit.