Le 1er octobre, dans « ICI, ça marche » sur ICI Pays d’Auvergne, Laurent Boucry a résumé notre projet en une formule : « Ce que vous aimez bien, c’est ce paradoxe-là : hacker le système de l’intérieur. »

C’est exact. Lavaa critique la place que prennent les réseaux et l’intelligence artificielle dans nos vies, et elle le fait sur TikTok, avec de l’IA dans sa fabrication. Philippe Ruby en a donné la raison : « Il faut aller chercher les gens là où ils se trouvent. Sinon, comment tu veux leur faire des propositions ? »

Rencontrer ce qu’on n’avait pas prévu

Un fil d’actualité est conçu pour servir ce qu’on aime déjà. Nous cherchons l’inverse, et Philippe a un mot pour cela, la sérendipité : « réussir à rencontrer ce qu’on n’avait pas prévu de rencontrer. Donc faire en sorte que les jeunes se posent des questions qu’ils n’avaient pas prévu de se poser. »

La colère est une matière

Lavaa est « brillante, mais violente ». Elle sent, dit Philippe, « pas qu’un problème technologique, mais un effondrement global ». La série ne lui demande pas de se calmer : elle « a des raisons d’être violente ». Elle vient voir Ruby pour apprendre l’aïkido verbal, cet art de retourner la force d’une phrase au lieu de la subir : « Souvent, dans la phrase, il y a le codage qui permet de retourner la phrase. »

La violence qui nous percute, poursuit-il, « on peut l’utiliser pour créer des ouvertures, réinterroger celui ou celle qui n’a pas l’impression d’être violent ». Il n’y a pas de recette : « chacun a une forme très personnelle d’aïkido verbal à expérimenter ».

Philippe distingue le développement personnel du « dépouillement personnel » : ajouter des compétences d’un côté, retirer ce qui encombre de l’autre. Et il dit pourquoi tout cela passe par une fiction : « Lavaa est là pour retoucher au récit. Et ce sont des récits qui nous composent. »

L’outil ne décide pas

Hacker un système suppose de savoir ce qu’on lui confie. Laurent Baleydier a été précis : « Les dessins originaux sont faits à la main. » L’IA sert à l’animation, en captant les visages et les expressions des deux auteurs. Elle n’écrit rien : « L’intelligence artificielle, c’est des statistiques sur ce qui existe déjà. »

Laurent Boucry, qui avait regardé les épisodes, a dit ce qu’il en retenait : « J’aime beaucoup le grain, l’ambiance, les décors, la douceur de l’image aussi, les coloris. » Une douceur « malgré la violence et la colère de Lavaa ».

La série est gratuite et sans publicité, sur TikTok, Instagram, YouTube et lavaa.fr.

Merci à Radio France, à ICI Pays d’Auvergne et à Laurent Boucry pour son accueil et la justesse de son regard. L’émission est à réécouter sur le site de Radio France.